Le monde entier a été pris de court par la rapidité de propagation de l’épidémie de Covid-19. En effet, il s’agit d’un virus extrêmement transmissible puisqu’il circule d’une personne infectée à une autre simplement par voie aérienne, à travers les gouttelettes émises quand quelqu’un tousse ou éternue. De plus, des études (sous réserve) tendraient à prouver que certains systèmes de climatisation et de traitement d’air pourraient contribuer à répandre plus facilement le virus dans les espaces clos. Beaucoup de questions ce posent aux entreprises du secteur sans véritables réponses scientifiquement prouvées, ce fichu coronavirus va nous obliger à être inventif. D’autant qu'il va falloir répondre aux questions légitimes de nos clients et les rassurer. Voyons dans ce petit article sans prétention quelques pistes, risques et solutions ?

Climatisation et Covid-19, une étude chinoise intrigante
Le 24 janvier dernier, un cas de contamination au coronavirus dans un restaurant de Canton, en Chine, a particulièrement intrigué les chercheurs. Suite au diagnostic d’une femme de 63 ans déclarée atteinte du Covid-19, on recherche tous les sujets contacts de la malade, notamment les clients qui avaient déjeuné en même temps qu’elle et sa famille dans la même salle de restaurant. 9 cas seront constatés parmi eux.
L’enquête épidémiologique cherche à déterminer le processus de transmission du virus dans la salle du restaurant. Or, les chercheurs constatent que la propagation du virus ne peut s’expliquer uniquement par la projection de gouttelettes, ces sécrétions respiratoires émises par une personne infectée. Selon eux, le mode de transmission le plus probable dans ce cas d’étude est la climatisation : les gouttelettes sécrétées par la malade ont circulées propulser par le souffle de la climatisation. Précisons, cela a son importance que les personnes contaminées ce trouvaient directement dans la vaine d'air, d'autres clients présent mais éloignés du flux d'air n'étant pas contaminés.
Donc sans être vraiment sûr, qu’un système de climatisation ou de ventilation soit vecteur de propagation du virus du SARS-CoV-2, il est nécessaire de réfléchir à prendre quelques précautions préventives.
Une filtration spécifique ?
Notons qu'en l’état des connaissances actuelles du virus, aucun professionnel ne peut s’engager sur l’efficacité d’un filtre spécifiquement sur le COVID -19.
Rappelons qu’un système de ventilation en dépression de type VMC simple flux ne présente à ce jour aucun risque. En effet, ce mode d’aération se contente d’extraire l’air d’une pièce. Il n’y a donc aucun danger qu’il recycle un air contaminé dans le local.
Par contre, un système de ventilation avec reprise de l’air directement dans une pièce ou par mélange air neuf/air repris comme les CTA, Roof top, CTA double flux, il existe un risque mineur mais un risque tout de même. Notamment en fonction de l’endroit où est repris l'air ambiant. Certains virus, et celui du SARS-CoV-2 en ferait partie, sont capables de se répandre dans l’air en « s’accrochant » aux particules fines que celui-ci transporte. On peut aussi raisonnablement penser que pour les installations avec des réseaux de gaines complexes, la propagation du virus vers les bouches de soufflages soit difficile, mais pas impossible.
On peut penser sans être complétement affirmatif que filtrer l'air de manière à ce que les particules les plus fines soient capturées, soit efficace (effet de tamis). Attention toutefois à l'étanchéité entre filtres, entre filtres et l'enveloppe, les fuites parasites sont à proscrire.
Rappelons que les filtres à air des systèmes de climatisation sont classés en quatre catégories selon la norme ISO 16890 . Ce classement détermine leur capacité à filtrer les particules plus ou moins fines présentes dans l’atmosphère. Les filtres de type haute ou très haute efficacité sont les filtres ePM1,EPA (Efficient Particles Air Filter) ou encore HEPA (Highly Efficient Particles Air Filter) .Dans tous les cas le remplacement régulier des filtres (toutes catégories) est préconisé
Bien évidemment il faudra que les personnels qui procéderont aux changements de ces filtres soient protégés, masques, gants, combinaisons jetables.Les filtres usagers étant évacués dans des sacs étanches.

Un renouvellement d’air plus sécure
Les systèmes de ventilation avec caisson de mélange (air neuf/air repris) peuvent poser problème. Conçus pour réutiliser une partie de l’air extrait d’un local pour le mélanger avec de l’air neuf et l’insuffler à nouveau dans la pièce, ils ont l’avantage d'assainir l'air (air neuf) mais peuvent aussi réinfecter cette pièce par le virus qui s’y trouverait présent. Pendant l’épidémie, il est donc plus prudent d’éviter de faire recirculer l'air de la pièce pour fonctionner avec un pourcentage d'air neuf plus important voir tout air neuf .Cela posera des soucis au niveau du rendement, en chauffage comme en climatisation, mais cela reste une solution quand même.
Par exemple dans les centrales de traitement d’air, mieux vaut arrêter les échangeurs à roue ou les systèmes en by-pass.
Quand la ventilation se fait par une unité intérieure de climatisation (split, multisplit), l’air circule forcément en circuit fermé. Alors, il est recommandé de réduire le débit d’air : plus il est fort, plus il peut transporter, sur une plus grande distance, les gouttelettes aérosols sécrétées par une personne infectée.Le nettoyage des filtres à l'eau savonneuse toutes les deux semaines est une bonne pratique. L'échangeur intérieur peut aussi être pulvérisé de bactéricide conforme à la norme EN 14476. Ici pas de solutions miracles.
Une nouvelle arme: la lampe UVC germicide ?
L’utilisation de lampe à rayonnement UV-C, comme dans les installations de salle d'opération ou laboratoire, est-ce une solution pour limiter la transmission du Covid-19 ?. En effet, on sait que les virus sont de manière général très sensibles à la lumière UVC, capable de détruire certains organismes vivants comme bactéries, virus et champignons. Cette lampe germicide recrée artificiellement de la lumière ultraviolette qui neutralise un virus exposé à son rayonnement, en fonction de la distance et du temps d’exposition.
Il existe une lampe UVC de type « bâton » que l’on pourrait placer à l’intérieur d’un système de climatisation et de ventilation. Correctement installée, elle aurait ( pour le Covid ?) la capacité de décontaminer l’air expulsé dans la pièce. Cette solution sera parfois difficile techniquement voire impossible à mettre en œuvre.A ce stade aucune étude ne permet d'être certain que cela fonctionne pour le SARS-CoV-2.
Pour conclure
Dans l’hypothèse de risques accrus d’une contamination au Covid-19, qui serait causée par la climatisation et le traitement de l’air, nous avons vu que certaines solutions sont possibles, pas parfaites je le concède. Le coût de ces aménagements sera aussi un sujet compliqué d’où l'intérêt d'avoir des arguments face aux questions des clients.
Rappelons l’importance de continuer à utiliser les systèmes de renouvellement d'air, introduction d'air extérieur, VMC simple flux pendant l’épidémie. De la même manière que l'on aère nos logements, cela évite surtout au virus de stagner dans un lieu confiné et contribue à le chasser vers l’extérieur.
Avertissement :
Etant donné l'évolution des connaissances actuelles sur le COVID, nous déclinons toute responsabilité pour tout dommage direct, indirect, ainsi que tout autre dommage qui résulterait de l'utilisation des informations présentées dans cet article.




