L ’énergie sera l’enjeu majeur des décennies à venir, surtout lorsque l’on sait que d’ici 2030 les besoins énergétiques augmenteront de 40 %.
Donc éco-concevoir nos équipements de chauffage et de ventilation, sera de nature à permettre une amélioration de l’efficacité énergétique de nos installations.
Il faut savoir par exemple que la consommation énergétique des ventilateurs (VMC, climatisation) tout types confondus représente en Europe 410 TWh (TéraWatt heure) par an. Ce qui représente un fort potentiel d’économies en perspective.
D’ailleurs la directive relative à l’écoconception des moteurs et des ventilateurs vise une réduction de la consommation énergétique de 34 TWh par an.
Cet objectif sera possible grâce à la généralisation des moteurs basse consommation, des systèmes de ventilations Double Flux et de l’utilisation d’échangeurs performants, à plaques à contre courant ou rotatifs.
Quant à la directive étiquetage énergétique, elle est dédiée au marché résidentiel et permet de guider le consommateur dans le choix de son équipement,grâce à l’affichage des classes énergétique.
L’écoconception des appareils de ventilation
Les directives d’écoconception et l’étiquetage énergétique (Ecodesign et Ecolabelling) sont devenus obligatoires. Ces normes visent à favoriser la conception, la fabrication et la vente des équipements de ventilation les plus performants d’un point de vue énergétique. Dans le cadre de la politique européenne ErP, les équipements devraient encore gagner en performances jusqu’en 2025.
Les directives européennes Erp
La politique Energy related Products est aujourd’hui en activité dans une trentaine de pays membres de l’Union européenne. Elle a pour but d’améliorer l’efficience environnementale et énergétique des appareils qui consomment de l’énergie.
Elle se décline en deux directives :
- L’étiquetage énergétique : apporter des informations sur les performances énergétiques des produits avec l’obligation d’affichage d’indications de consommation énergétique.
- L’écoconception : mesures obligatoires à mettre en place afin de réduire l’impact des produits qui consomment de l’énergie sur l’environnement. L’ensemble du cycle de vie est concerné. La directive explicite les règles d’écoconception de chaque famille d’appareils.
Les appareils de ventilation
Les règles d’écoconception s’appliquent aux unités de ventilation. Leurs exigences (N° 1253/2014) se renforcent en 2018. En parallèle, l’étiquetage énergétique ne s’applique qu’aux appareils de ventilation destinés au marché résidentiel.
Les équipements concernés par le règlement d’écoconception sont les unités de ventilation dites « résidentielles » (ou UVR) ainsi que les unités de ventilation dites « non résidentielles » (ou UVNR).
Les UVR ou UVNR
Les caissons « résidentiels » se distinguent des caissons « non résidentiels » en fonction de leur base de débit d’air. Ces deux types d’appareils se séparent donc à partir de 250 m³/h. L’unité peut atteindre 1 000 m³/h si elle est déclarée comme étant à usage exclusif résidentiel. Les produits dotés de moteurs aux puissances inférieures à 30W, les produits destinés à des usages spécifiques ou les ventilateurs sans caissons ne sont pas concernés par les exigences de performances énergétiques
Un nouvel indicateur : le Specific Energy Consumption
Le Specific Energy Consumption, ou SEC, entre dans le règlement d’écoconception des appareils de ventilation résidentiels. Il désigne le gain d’énergie par rapport aux techniques de ventilation naturelle telles que l’ouverture des fenêtres.
Avec cet indicateur, ce sont les performances par rapport aux ventilations naturelles qui sont évaluées sur les appareils. L’économie d’énergie peut alors être valorisée par l’efficacité de l’unité, sa capacité à régler les débits de ventilation et la récupération d’énergie grâce au type de moteur et à l’échange thermique. La définition de la classe énergétique (d’A + à G) est rendue possible sur les appareils résidentiels par le SEC.
La notion de SFPint
Dans les secteurs tertiaires et collectifs, bon nombre d’exigences sont communes aux deux types d’appareils : disposition des moteurs, by-pass sur les échangeurs… Néanmoins, l’étiquetage énergétique ne concerne pas les unités de ventilation destinées au tertiaire.
C’est le paramètre SFPint qui a été introduit dans le règlement et qui indique la perte d’énergie aéraulique dans l’unité de ventilation. Cet indicateur est exprimé en W/ (m3/s). En somme, le SFPint identifie l’énergie nécessaire pour lutter contre les pertes de charge internes. Il s’agit d’une valeur unique et propre à la conception des machines. Si elle est importante pour le concepteur du caisson, elle l’est moins pour les dimensions des installations. Un SFPint maximum ne devra pas être dépassé par les UVNR double flux et simple flux avec filtre. Ces dernières devront d’ailleurs respecter des performances minimales afin de garantir un certain rendement de l’unité de ventilation.
L’écoconception en 2018 et au-delà !
Les produits de ventilation
Les échangeurs de chaleur à plaques flux croisés font l’objet d’une marginalisation. Les échangeurs à plaques contre-courant viennent les remplacer, tout comme les échangeurs rotatifs (sauf dans des cas spécifiques : hôpitaux par exemple). Le by-pass devient obligatoire, tout comme le signalement des filtres encrassés.
La puissance acoustique rayonnée des unités de ventilation ne pourra excéder 40 dB, contre 45, anciennement. Avec la SEC, les classes E et F devraient disparaitre en raison du gain de performances.
Avec le SFPint, deux leviers sont possibles : augmenter le rendement du groupe motoventilateur ou diminuer les pertes de charge internes. Enfin, les moteurs des appareils de ventilation seront de plus basse consommation : moteurs EC, moteurs AC avec variateurs, moteurs multivitesses…
L’évolution de la réglementation d’écoconception
Une vocation énergétique guide les changements dans la réglementation d’écoconception. Elle pourrait alors évoluer vers une augmentation des exigences ainsi que vers l’ouverture du champ d’application à tous les types d’unités de ventilation. Et au-delà de ses obligations en termes de performances énergétiques, la première fonction d’une unité de ventilation est d’assurer une bonne qualité de l’air à l’intérieur des bâtiments. Ainsi, une étiquette énergétique nouvelle et dotée d’un indice sur la qualité de l’air pourrait être mise au point pour les systèmes de ventilation dans les années à venir.
Les obligations
L’installeur doit présenter l’efficacité énergétique de l’appareil. Il doit être conforme à l’ErP. Pour les unités résidentielles, il doit communiquer l’étiquette énergie au client et mentionner le niveau d’efficacité du produit.
Le constructeur industriel est soumis à la réglementation de l’écoconception ainsi qu’à celle de l’étiquetage énergétique. Il doit suivre les changements de la directive ErP. Le bureau d’études (ou maitre d’œuvre) doit tenir compte de la directive ErP dans ses prescriptions et recommandations de matériel. Les classes résidentielles ne peuvent être inférieures aux exigences du règlement ErP.
L'éco-conception en infographie :





