Le glissement de température est une spécificité des fluides zéotrope, ces fluides ne se comportent pas comme des fluides homogènes ou purs pendant les changements d'état...la condensation et l’évaporation.
Les différents fluides composant un fluide zéotrope changent d’état à des températures différentes d'ou un dérive de la température au niveau de l'évaporateur et du condenseur.
Par exemple le R407C à un glissement de 4 à 7°C (pression,température) c'est un mélange constitué de 23% de R32, 25% de R125 et 52% de R134a , le R32 s'évapore à -52 °C, le R125 à -48,5°C, le R134 à -26,5°C ces différences de températures d'évaporation sont de natures à influencer le comportement dans les phases de changement d'état. Au contraire le R410, (fluide zéotrope) est constitué d'un mélange de fluide avec des températures d'évaporation et de condensation très proches, ce qui fait que son glissement de température est très faible, généralement considéré comme négligeable.
Température de bulle et température de rosée
Avant toute chose il convient de préciser deux termes importants la température de bulle et la température de rosée, cette distinction n'existe pas avec les fluides purs, car la température de bulle est égale à la température de rosée.
Il n'en est pas de même avec les fluides zéotropes (fluide à glissement) comme ce sont des mélanges leurs propriétés dépendent leurs divers constituants et proportions.
Évaporation :
À pression constante pendant toute la durée de l'évaporation, la température varie et augmente.
Le début de l'évaporateur correspond à la température de bulle.
La fin de l'évaporateur correspond à la température de rosée.

Condensation :
À pression constante pendant toute la durée de la condensation, la température diminue.
Le début du condenseur correspond à la température de rosée.
La fin de la condensation correspond à la température de bulle.
Sous refroidissement et surchauffe des fluides à glissement
Ici pour cette démonstration nous utiliserons un fluide à fort glissement le R 407C.
Surchauffe à l'évaporateur

Si l'on essaie de mesurer la surchauffe comme si l'on avait affaire à un fluide pur, on aurait dans ce cas une surchauffe égale à 11,3°C (12-0,7°C), ce qui représente une surchauffe très élevée.
Mais avec un fluide à glissement la surchauffe est égale à la température au bulbe(thermomètre) moins la température de rosée à 4,8 Bar (donnée réglette) et dans ce cas le résultat n'est pas du tout le même.
Ici on aurait 5,2°C (12-6,8 °C) ce qui est tout de même plus conforme comme résultat.
Sous-refroidissement condenseur

Au niveau du condenseur, si on mesure le sous-refroidissement en prenant la température de rosée soit 48,2°C et la mesure prise au thermomètre 42°C, on n'aura de fait un résultat erroné.
Il faudra donc prendre comme référence de sous refroidissement la température de bulle à 18 bar (réglette) moins la température prise au thermomètre, 43,4°- 42 = 1,4°C, ce qui représente ici un sous-refroidissement faible.




