Établie par le chimiste français par Joseph Louis Gay-Lussac et Guillaume Amontons, cette loi découle d’observations expérimentales. Gay-Lussac a conduit des expériences sur les gaz, qui lui ont permis de formuler cette relation sous forme de loi. Ses travaux ont été cruciaux pour le développement de la thermodynamique. Il est important de noter que cette loi ne s’applique qu’à des gaz idéaux, c’est-à-dire à ceux qui se comportent de manière prévisible et uniforme.
Expression mathématique de l’équation de Gay-Lussac
Cette loi stipule qu’à volume constant, la pression d’un gaz est directement proportionnelle à sa température en kelvins. Ou dit plus simplement si la température d’un gaz augmente, sa pression augmentera également, à condition que le volume reste inchangé.
La relation mathématique formelle de la loi de Gay-Lussac est :
P = kT
où P est la pression, T est la température en kelvins, et k est une constante.
Simplifions encore plus : si la température d’un gaz augmente, les particules s’agitent et la pression augmente aussi. Et si la température diminue, les molécules seront moins agitées et la pression diminuera. C’est un duo inséparable.
Si on veut calculer la pression d’un gaz soumis à deux températures différentes alors on peut écrire :
Pour illustrer cette loi, prenons un exemple simple :

Une bouteille d’azote, à 20 degrés Celsius, a une pression de 2000 psi (137.9 bars). Si la température monte à 25 degrés Celsius, quelle serait la pression ?
En convertissant les températures en kelvins (293,15 K pour 20°C et 298,15 K pour 25°C), nous pouvons appliquer la loi de Gay-Lussac :
La pression de la bouteille d’azote a donc augmenté à 2034 psi (140.3 bars) pour une température de 25°C.
Conséquences de la loi de Gay-Lussac dans la vie quotidienne
Cette loi a des implications profondes dans divers domaines, notamment dans la chimie et l’ingénierie. Un domaine où la loi de Gay-Lussac joue un rôle crucial est celui des systèmes de production d’énergie. Les centrales électriques, en particulier celles utilisant des turbines à gaz, doivent gérer ces relations pour maximiser l’efficacité énergétique.
Les applications de la loi de Gay-Lussac et des autres lois des gaz sont partout autour de nous. Les pneus de voiture, par exemple, sont un excellent cas d’étude. En été, la chaleur augmente la pression à l’intérieur des pneus, ce qui peut les rendre plus susceptibles d’éclater. En hiver, la pression diminue, ce qui peut rendre les pneus sous-gonflés et moins efficaces.
Les aérosols sont un autre exemple. Lorsqu’ils sont exposés à des températures élevées, la pression à l’intérieur augmente, ce qui peut provoquer des explosions. C’est pour cette raison que les avertissements sur les canettes d’aérosol sont clairs : ne pas exposer à des températures élevées.
Les phénomènes météorologiques, tels que les systèmes de haute pression, peuvent également s’expliquer par cette relation, indiquant comment la température affecte la pression atmosphérique.
Applications en froid et climatisation
Une des applications les plus directes de la loi de Gay-Lussac dans le domaine du froid est la vérification de l'étanchéité des circuits frigorifiques1. Cette méthode consiste à :
- Introduire de l'azote dans l'installation
- Relever la pression et la température initiales
- Attendre 24 heures ou plus
- Relever à nouveau la pression et la température
Si le rapport entre les pressions et les températures reste identique, on peut raisonnablement conclure que le circuit est étanche.
Voir la calculette basée sur la loi de Gay-Lussac !
La loi de Gay-Lussac permet de calculer les variations de pression dans un système de réfrigération ou de climatisation lorsque la température change, à volume constant. Cela est particulièrement utile pour :
- Dimensionner correctement les composants du système
- Prévoir les pressions de fonctionnement à différentes températures
- Optimiser les performances du système
Des lois cousines : Charles, Boyle-Mariotte et Avogadro
La loi de Gay-Lussac ne fonctionne pas seule. Elle est entourée de lois cousines qui explorent d’autres aspects des gaz.
La loi de Charles : température et volume
La loi de Charles établit que, à pression constante, le volume d’un gaz est directement proportionnel à sa température. Plus un gaz est chauffé, plus il se dilate. C’est pourquoi un ballon d’hélium gonflé à l’intérieur semblera plus petit lorsqu’il est déplacé dehors par une froide journée d’hiver.
La loi de Boyle-Mariotte : pression et volume
La loi de Boyle-Mariotte examine la relation entre la pression et le volume d’un gaz à température constante. Si vous réduisez le volume d’un gaz, sa pression augmente, et vice versa. Imaginez une seringue : quand vous poussez le piston, le volume diminue et la pression à l’intérieur augmente.
La loi d’Avogadro : volume et quantité
Enfin, la loi d’Avogadro relie le volume d’un gaz à la quantité de molécules ou de moles. À température et pression constantes, le volume d’un gaz est proportionnel au nombre de moles. C’est crucial pour comprendre pourquoi les ballons d’hélium montent : l’hélium est moins dense que l’air, mais occupe le même volume pour une même quantité de moles.
L’équation des gaz parfaits
En combinant ces lois, nous obtenons l’équation des gaz parfaits :
PV = nRT
Où P est la pression, V est le volume, n est le nombre de moles, R est la constante des gaz parfaits, et T est la température en kelvins. Cette équation est un outil puissant pour résoudre des problèmes complexes liés aux gaz.
En conclusion, la loi de Gay-Lussac est bien plus qu’une simple formule scientifique. Elle ne se limite pas à des applications industrielles ou scientifiques. Elle influence également notre vie quotidienne, souvent de manière invisible.




